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LES SOUVENIRS D’ENFANCE PENDANT UNE ANALYSE

Posté par sylvie le 10 juin 2017

Une question que l’on se pose souvent : pendant un traitement psychologique, recherche t-on systématiquement les moindres souvenirs d’enfance.

Chacun de nous , à chaque seconde de sa vie est la résultante de ce qu’il a été depuis sa naissance. Chaque moment que nous vivons est l’aboutissement inexorable des millions d’autres moments ( conscients ou inconscients) qui l’ont précédé. De même, le moment que nous vivons devient le point de départ de millions d’autres moments de notre vie ( et de la vie de ceux que nous côtoyons).

Dès notre naissance, chacun de nos actes tisse une gigantesque trame.  De plus, nous sommes engages par les actes de nos parents , les actes des parents de nos parents, etc.. Nombre de personnes croient qu’en analyse, on fouille systématiquement les moindres recoins de l’enfance, exactement comme on chercherait un cheveu dans un champ… C’est absurde. Ceci dit, certains digèrent plus ou moins  leur passé. D’autres le vomissent. D’autres ont eu un passé développant parfaitement  leur personnalité…Certains demeurent accrochés à leur passé, restent infantiles … D’autres non. Certains accumulent des lambeaux de leur passé dans un vieux sac enfoui dans l’inconscient.

Enfin il n’y a pas , dans le passé d’un homme une série de souvenirs, mais une masse considérable de situations. Ces situations sont familiales, sociales, culturelles etc… Au début d’une analyse, chaque personne ” démarre” de façon différente. Certains patients découvrent une masse de souvenirs, parlent de leurs parents, de leur traumatismes d’enfance,et.. D’autre, par contre, disent : ” je n’ai aucun souvenir, je ne me souviens de rien, je n’ai rien à dire, c’est un trou noir … ” De toutes façon, une personne qui arrive à l’âge adulte est affligée d’une personnalité infantile relativement grande, et d’un ” Moi” relativement fort. Le rôle de la psychologie est donc d’éliminer les infantilismes et de renforcer ” le Moi” : donc la personne adulte.

En analyse, chacun est absolument libre de dire tout ce qui lui passe par la tête.. Par conséquent , telle personne va commencer par tous les souvenirs d’enfance conscients qui se présentent. Et cela pour plusieurs raisons : soit parce que cela lui vient à l’esprit, soit parce qu’elle cherche avant tout un ” bouc émissaire” auquel elle puisse endosser tous ses maux. Elle considère que c’est uniquement sa situation passée qui l’a mise dans son état actuel,mais elle ne se demande pas pourquoi à l’âge adulte elle a continué à souffrir de névrose , alors que les causes premières ont disparu.

De toutes façons, le ” raclage” des souvenirs d’enfance reculés est parfois indispensable. Mais qu’est ce qui compte chez une personne atteinte de névrose ? C’est évidemment sa souffrance actuelle, ses symptômes actuels, la façon dont elle réagit actuellement  dans la vie, son inadaptation sociale actuelle…..Mais d’un autre coté ce qu’elle a est actuellement dépend de ce qu’elle a été été pendant son enfance et son adolescence..

En début d’analyse, il s’agit de faire la synthèse de ce que la personne possède (mentalement). Quelle est la force de son “Moi”, quelles sont ses défenses caractérielles? Quelle est l’essence de sa névrose ?  a quoi sert sa névrose ? Quel est son degré d’angoisse ? Pourquoi a t-elle de l’angoisse ? Toutes ces questions sont évidemment primordiales… Peu à peu, à partir de sa situation actuelle, le patient va établir des ” connexions ” avec le passé..

En résumé, il faut examiner avant tout la situation et les souffrances actuelles de la personne, en fonction de l’enfance et de l’adolescence. Il ne faut jamais oublier qu’une vie humaine forme une totalité et que tout ce qui se passa dans notre vie s’inscrit en nous à tout jamais. Une étude a montré que certaines personnes ne consultent pas, justement, par peur de faire remonter tout ce qu’elles ont de douloureux et d’enfoui, et q’elles espèrent maintenir fermement sous un couvercle tant elles ne veulent pas s’y confronter.Pour d’autres,elles arrivent à « tenir » toute leur vie sans problème apparent.Une autre catégorie de personnes tiennent avec parfois des « remontées »de traumatismes anciens mais sans conséquences essentielles, et enfin la dernière catégorie décompensent un jour à l’occasion d’un « rappel » auquel elles ne peuvent se soustraire  et sont obligées de consulter.

 

 

regards

 

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