APOLLINAIRE

Posté par sylvie le 30 août 2016

Ravie de vous retrouver après ces quelques semaines de pause …J’espère que vos vacances ont été bonnes – Bonne rentrée à tous ..

Je suis d’attaque quant à moi pour une petite biographie d’Apollinaire que j’aime beaucoup.

 

 

LE PONT MIRABEAU

Sous le pont Mirabeau coule la Seine,

Et nos amours

Faut -il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine,

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous le pont de nos brasse passe

Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours passent les semaines

Ni temps passé

Ni les  amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure.

GUILLAUME APOLLINAIRE

Mirabeau 2

APOLLINAIRE

Sous le pont Mirabeau……Pourquoi la musique des mots d’Apollinaire demeure t-elle si longtemps après ses vers ? C’est un mystère ! et les mystères aiment le demeurer.

Guillaume Apollinaire - né d’une mère polono-italienne et d’un père officier italien qui ne le reconnaît pas- journaliste, directeur de revue, critique d’art, auteur de romans lestes.

A la suite d’un vol commis au Louvre, il est emprisonné à la Santé. Quelques jours plus tard il est reconnu innocent. Ebranlé par cette affaire il trouve refuge dans sa propre poésie, celle qu’il écrit depuis 1898, il en fait un recueil qui est publié sous le titre  » Alcools ». Lors de la correction des épreuves hésitant sur la ponctuation, il décide de la supprimer completement. L’absence de cloisons dans les phrases provoque à chaque instant un délicieux tangage du sens, une sorte de pure poèsie, un nouveau langage au delà des mots.

1914 Apollinaire s’engage. Il est atteint en 1916 par un éclat d’obus et doit être trépané. Revenu à paris, il y meurt le neuf novembre 1918 à 38 ans de la grippe espagnole.

LES FEMMES : il veut à Stavelot où il séjourne pendant l’été 1899 Mareye Marie Dubois. Il veut à son retour à Paris Linda la Zezayante. Il veut en 1902 la gouvernante anglaise des filles de la vicomtesse Millau, en Allemagne où il est devenu précepteur :Annie Playden. Mais Annie s’effraie de l’amour furieux que lui porte Guillaume, elle préfère prendre ses distances.C’est pour elle qu’il écrit en 1903 l’un des plus beaux poèmes d’amour de la langue française, le plus court  » l’Adieu » ..(  » J’ai cueilli ce brin de  bruyère/L’automne est mort souviens t-en/ nous ne nous verons plus sur terre/odeur du temps brin de bruyère et souviens toi que je t’attends »)… il veut en 1907 Marie Laurencin rencontrée grâce à l’ami Picasso. Mais Guillaume aime trop Marie. Il la veut pour lui, et que personne ne l’approche,ne la regarde. Jaloux, Guillaume!! elle le quitte en 1912, ainsi est né  » LE PONT MIRABEAU ».

En 1913 : conférence sur le cubisme, vacances du coeur. 1914 : voici Louise de Coligny-Chatillon. Amour,passion. Pour elle, il écrit le fameux poeme acrostiche  » Lou » Mais Lou a peur du loup Guillaume, de son amour volcanique; imprévisible, possessif. Elle le quitte.  C’est la guerre. Guillaume s’est engagé. Dans les tranchées, il ne cesse d’écrire des poèmes, des nouvelles rassemblées dans le recueil  » le Poète assassiné »publié en 1916; l’année précédente il a rencontré dans le train Madeleine Pages, qu’il demande en mariage tout en continuant de penser à Lou.

 

Après sa trépanation, il rompt avec Madeleine. Le 15 avril 1918 il publie ses Calligrammes – poèmes dont la disposition des mots épouse l’image évoquée. Le 2 Mai  il épouse Jacqueline Kolb. Le 11 novembre c’est l’armistice! tout Paris chante et danse, pendant que, discrètement, on porte en terre Apollinaire.

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GIONO

Posté par sylvie le 23 janvier 2016

Peut-être le seul écrivain qui ait pu vivre son destin national en dehors de Paris. Et encore …. Certains ne connaissent de lui que cette Provence qui n’existe que dans ses livres et concluent que, finalement, c’est l’auteur d’une région… L’adjectif régionaliste est si proche, et si pratique, lorsqu’on est resté aux apparences. Giono, né en 1895, la même année que Pagnol, Vaché, Cohen … C’est pourtant l’amour de la terre.Planétaire.

Toc Toc … 1911 . Vous habitez Manosque, en Provence. Il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille, les cigales chantent, ou plutôt font   » cri cri cri » … Il est trois heures de l’après midi. Vus venez de vous installer dans une chaise longue au tissu blanc et brique.   On frappe à la porte… Vous vous levez, en maugréant. Vous ouvrez la porte et vous découvrez un petit me bien en joues, au regard noir, sûrement le descendant d’un Piemontais émigré, il vous apporte un papier de votre banque, la banque de Manosque……. Vous signez le papier que vous tend le jeune coursier qui vient de faire toc toc… Vous lisez son nom  » Jean Giono »… Oui!  vous avez devant vous le jeune Jean Giono!  Il vient d’arrêter ses études, qu’il ne reprendra pas, car son père, cordonnier, est gravement malade.. Lui donnerez vous une petite pièce ?  Oui ? Jean Giono la prend, il est tout content , et repart vers son destin… Il ne sait pas encore qu’il est un grand écrivain!

La guerre arrive. Giono est mobilisé. Il se bat à Verdun, y perd ses meilleurs amis, est commotionné par un obus, gazé.  La haine de toute guerre, quelle qu’elle soit, s’installe en lui. En 1920, il épouse celle qu’il aime depuis 1914 , Elise Maurin , une jeune enseignante qui lui donne deux filles. Jean Giono publie son premier roman  » Colline » en 1929. C’est une histoire très simple : dans un village de Provence, le vieux Janet perd un peu la raison et semble attirer sur le village une série de malheurs.DD Jaune, qui fait face à la situation avec calme,décide de tuer Janet avec l’aide des villageois,mais Janet, heureusement, meurt avant… Si l’éditeur parisien publie ce texte, ce n’est évidemment pas pour l’histoire racontée, c’est pour le style qui s’y déploie. Une écriture pure et quasiment désaltérante, une source de fraîcheur, de naïveté parfois,une générosité dans les mots qui prennent chair, qui semblent sortir de la terre.

GIONO EN PENSEES :

- Le poète doit être un professeur d’espérance …

- Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière.

-L’homme, on a dit qu’il était fait de cellules et de sang,. Mais en réalité, il est comme le feuillage, il faut que le vent passe pour que ça chante.

-Les jours sont les fruits, et notre rôle est de les manger.

-La richesse de l’homme est dans son coeur. C’est dans son coeur qu’il est le roi du monde. Vivre n’exige pas la possession de tant de choses.

LE ROYAUME DES UTOPIES.

Désormais, sans quitter Manosque, Giono ne va plus cesser d’écrire des romans. Il commence par la Trilogie de Pan : Colline- Un de Baumugnes, Regain. Il publie aussi des nouvelles, des essais et des pièces de théâtre. La guerre de nouveau éclate. Giono le pacifiste ne peut rien faire contre le rouleau compresseur de l’envahisseur. Son attitude apparemment attentiste, abrite des maquisards, et lui vaut des ennuis à la Libération. L’ancien de Verdun en devient aigri : ses personnages perdent leur bonté naïve, certains se laissent aller à la haine, à la médiocrité, les belles rédemptions au souffle lyrique ont regagné le royaume des utopies.

Giono meurt dans la nuit du 8 au 9 octobre 1970 d’une crise cardique…

GIONO EN OEUVRES !

1928       COLLINE  – la source tarie, le village va-t-il mourir ?

1929     UN DE BAUMUGNES – Amédée vient en aide à l’amour du gars de Baumugnes pour  Angele qui a fauté ….

1930      REGAIN :        Le village d’Aubignane va–t-il disparaître ?

1931      LE GRAND TROUPEAU :  livre d’un pacifiste qui a connu l’horreur de Verdun.

1932      JEAN LE BLEU – A Manosque, à mi-chemin de l’autobiographie et du roman.

1935      QUE MA JOIE DEMEURE :  du rêve de bonheur à la désillusion, avec un mystérieux Boby et Jourdan le paysan.

1947       UN ROI SANS DIVERTISSEMENT:  Développement de la pensée de Pascal.

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SARTRE

Posté par sylvie le 26 décembre 2015

Des romans, des essais, des pièces de théâtre, des milliers d’articles, un engagement politique de tous les instants, une lumineuse philosophie, dans l’héritage d’un Pic de la Mirandole, une intelligence inépuisable doublée d’un petit sourire à la vie, la bonne humeur d’un bon vivant ..Sartre  tel qu’en lui-même …. Jean Paul  appelé Poulou!!

Vous ne connaissez pas Poulou ? vous brûlez d’en savoir davantage sur ce petit prodige qui vous séduit par sa gaieté, son intelligence et son énergie si prometteuse ? Eh bien il vous attend! chez son grand père et sa grand-mère Scheitzwer, en compagnie de sa mère Anne Marie. Et de son père ? non Poulou, né en 1905 n’a pas connu son père, mort des suites d’une maladie contractée en Cochinchine. Maman Anne Marie a décidé alors de vivre chez ses parents, avec Poulou…

Attention ! vous êtes arrivé chez Poulou, chez les Schweitzer.. Vous poussez la porte doucement ,ce n’est pas Poulou qui vous accueille, c’est un homme adulte, pas très grand, des lunettes toutes rondes, la pipe à la bouche, le regard vif, plein de cette intelligence malicieuse qui désamorce toute fatuité, toute vanité. Sa voix s’élève, claire et vive  en vous  comme la confidence faite à un intime .. D’ailleurs vous faites partie de ses intimes, de ses centaines de milliers d’intimes : ses lecteurs.. La visite des lieux de sa mémoire est commencée : vous l’entendez dire » j’étais un enfants, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets. Diable! il n’y va pas de main morte  Poulou!  eh oui, vous avez reconnu Jean Paul Sartre non seulement par la pipe et les petites lunettes, mais par cette phrase enlevée, élégante et dense qui vaut plus que mille pages d’une laborieuse étude de moeurs.

Sartre quitte l’enseignement.ll se   consacre  à l’écriture et fonde avec Simone  de Beauvoir  sa compagne ,et Maurice Pont a revue des » Temps Modernes » politiquement très engagée. Ses pièces de théâtre ( Huit clos- Morts sans sépulture – Les mains sales – mais aussi ses romans  » Les Chemins de la liberté  » ainsi que ses essais lui valent une immense réputation. Si Sartre a pris ses distances avec le PC ,il continue à s’engager pour de nombreuses causes.

Dès 1956 Sartre  prend parti contre l’idée d’une Algérie française et soutient le désir d’indépendance du peuple algérien. Sartre s’élève contre la torture, revendique la liberté pour les peuples de décider de leur sort, analyse la violence comme une gangrène……..Son appartement sera platiqué deux fois à cause de ses prises de position.

En mai 1968 il s’offre une deuxième jeunesse . il  revient sur le devant de la scène en présidant un tribunal fictif autoproclamé,qui est une assemblée internationale d’intellectuels,de militants et de temoins chargés de juger les crimes de guerre des Americains au Vietnam..

Homme de gauche, il soutiendra le mouvement mao face à la répression.Jusqu’à sa mort en 1980 Jean Paul Sartre ne cesse de s’engager aux côtés de ceux qui luttent pour leurs droits, pour la liberté. Il contribue à la fondation de l’hebdomadaire  » Le Nouvel Observateur » en novembre 1964, au lancement de Libération en 1973. Directeur de La Cause du Peuple, en 1970  , journal interdit, il va jusqu’à le distribuer lui même dans la rue! jusqu’à son dernier souffle, Sartre l’humaniste, est fidèle à son éthique.

Des dizaines de milliers de personnes suivent le convoi funèbre qui le conduit le 19 avril 1980    au  cimetière du Montparnasse..

Intransigeant et fidèle à lui même il refuse le Prix Nobel en 1964 car dit-il, aucun homme ne mérité d’être consacré de son vivant. Il a toujours rejeté les honneurs ( à l’exception du titre de Docteur Honoris Causa de l’Université de Jerusalem en 1976.

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PASCAL

Posté par sylvie le 29 décembre 2014

Aujourd’hui, Blaise Pascal aurait son bac à 12 ans avec les félicitations du jury, préparerait Polytechnique en six mois, terminerait major au concours, loin devant le peloton, premier aussi à Normale Sup , premier partout……. Blaise Pascal est né le 19 juillet 1623 à Clermont Ferrand. Après avoir inquiété quelque peu ses parents à l’âge de deux ans – ils le croient ensorcelé- le petit Blaise, devenu orphelin de mère en 1626 grandit en age et en sagesse, couvé par ses soeurs et son père qui a remarque que son génie de fils lit en cachette et comprend les livres de mathématiques les plus difficiles.

 

En 1631,Etienne Pascal décide de vendre sa charge de President à la cour de aides de Clermont afin que son fils prodige puisse trouver  à Paris un milieu propice à son développement intellectuel. Pourtant le jeune Blaise ne s’assiéra jamais sur les bancs d’une école: le sachant atteint de migraines violentes et de maux d’estomac, son père assure lui même son éducation, aidé de gouvernantes. Il se rend cependant régulièrement à l’académie des sciences et découvre bientôt par lui même, il n’a pas douze ans , la trente deuxième  proposition d’Euclie : la somme des angles d’un triangle est égale à deux droits. En 1639  Etienne Pacal est nommé collecteur d’impôts à Rouen. Il y emmène sa petite famille. L’année suivante, Blaise publie un très savant  » Essai sur les coniques » qui le fait connaître de l Europe entière!!!.

 

En 1642     voyant son père additionner des colonnes interminables de chiffres, il lui invente une calculatrice à roues qui va être baptisée la Pascaline, et vendue à de nombreux exemplaires pour la somme de cent livres l’unité, somme considérable à l’époque.

 

En 1647 il est atteint de troubles tels que que les médecins lui interdisent tout travail intellectuel. L’année suivante,pourtant il organise des expériences qui sont faites au uy de Dome par son beau frere afin de prouver l’existence du vide né par Aristote et de la pesanteur de l’air.

 

1651   – Etienne Pascal meurt – Blaise se laisse aller aux plaisirs du monde, fréquente les salons, les libertins dont l’un se vantera de lui avoir ouvert les portes d’un monde autrement exaltant que celui du calcul et du grec….Cependant un soir d’automne 1654 alors qu’il traverse en voiture le pont de Neuilly, les  chevaux s’emballent, l’attelage vers bêtes et cocher sont tués, seul Blaise s’en sort vivant mais blessé. Quinze jours plus tard, il traverse une nuit mystique pendant laquelle ce qu’il écrit est si capital qu’on le retrouvera à sa mort, soigneusement calligraphié sur un parchemin cousu dans la doublure de son vêtement   – Voici l’essentiel de ce mémorial :  » Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et de savants. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de Jesus Christ.   » joie, joie, pleurs de joie  … je m’en suis séparé – je l’ai fui, renoncé, crucifié – je je m’en sois jamais séparé … Soumission totale à Jesus Christ et à mon directeur – éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre – amen  »

 

Pascal n’a pas oublié le milieu libertin qu’il a fréquenté assidûment ,mais il le juge désormais bon pour les flammes de l’enfer. Il décide de le sauver d’une inévitable damnation éternelle. Pour ce faire, il commence ce qui doit etre son grand oeuvre dont il expose le plan à ses amis  » l’Apologie de la Religion chrétienne »  Le matériau est constitué par des liasses de feuilles et des bouts de papier sur lesquels il a écrit ses pensées sur la vie, sur DIEU , sur l’existence , sur l’esprit. bref sur un peu de tout à mesure qu’elles se formaient dans son esprit au jour le jour, des années durant. Il veut convaincre quiconque cherche la vérité, – ou ne la cherche pas – . Cette somme est publie huit ans après sa mort, décès du à un cancer gastrique avec métastases intestinales, hépatiques et méningées; elle porte alors le titre suivant : Pensées de M.Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets , titres raccourci aujourd’hui en : LES PENSEES DE PASCAL

 

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GERARD DE NERVAL

Posté par sylvie le 27 octobre 2014

Rares poèmes, rares cadences, précieuses rimes, joyaux! les poèmes de Nerval confinent au mystère.. Sans rien proposer qui le résolve, ils le densifient, voilà le charme .

Nerval ne s’appelle pas Nerval. Le nom de son père est Labrunie, celui de sa mère Laurent. Son père, chirurgien, rejoint la Grande Armée de Napoléon en 1808. Avant de partir, Marie son épouse, met au monde un fils immédiatement confié à un grand oncle aubergiste.  En 1810 Marie meurt; le docteur Labrunie conserve ses bijoux , son portrait, mais quand il revient près dee son fils, en 1814, tous ses objets personnels ont disparu dans la retraite de Russie. Gérard de Nerval ne verra jamais le visage de sa mère. Jamais, en lui, l’identité de la femme n’est apparue. Sa vie entière est une quête désespérée, souvent désordonnée, d’une image féminine qui se dérobe, inaccessible…

Au lycée Charlemagne  Nerval rencontre Théophile Gautier qui devient l’ami fidèle.Il fait des études de médecine. En 1834 , il hérite de son grand père, voyage en Italie, s’installe à Paris, dans un petit hotel où il reçoit ses amis pour de joyeux soupers, des bals, des fêtes costumées, où la représentation de comédies des temps passés.. Le bonheur. Pas pour longtemps.

Aux amis qui viennent se divertir dans son hôtel particulier, se mêle une amie. Gérard en tombe amoureux. Elle s’appelle Jenny Colon, elle est comédienne. Pour elle,il utilise le reste de son héritage afin de fonder un périodique : le Monde dramatique qui le ruine.  Il vit de l’écriture d’articles pour divers journaux, ne cesse d’envoyer des lettres enflammées à Jenny qui les lit, se laisse attendrir, hésite à répondre à cet amour extrême et finit par épouser un flûtiste en 1838. Est ce cette année là que se lézarde la pensée de Gérard de Nerval  , que le présent et le passé commencent à  s’y confondre, comme l’amorse d’un exil de la raison ? Rien  ou presque n’inquiète ses proches, jusqu’au jour terrible de février 1841  ou la folie    se cabre en son esprit, comme un cheval fou.

Lorsqu’il revient à la raison, il apprend la mort de Jenny Colon. Il décide de partir en Orient, visite les îles grecques, l’Egypte, le Liban.. Le nom de Jenny ne le quitte pas.

Articles pour les journaux, composition de livrets d’opéra, rédaction de son  voyage en Orient, et d’autres voyages – Hollande, Angleterre, Allemagne- Belgique – occupent la vie de Nerval. Ses premières oeuvres poétiques et sa traduction de Faust sont bien loin..    

Plusieurs fois interné dans la clinique du docteur Blanche, Nerval écrit sa dernière oeuvre, Aurélia, effectue un voyage en Allemagne, peut être jusqu’en Silésie où il tente de retrouver la tombe de sa mère. Le 25 janvier 1855    il écrit à sa   tante qui l’héberge :  » ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche.    Cette nuit là, la température descend à dix huit degrés au dessous de zéro! le lendemain matin, il est retrouvé près du Chatelet à Paris, pendu à une grille dans la rue de la Vielle Lanterne. Que s’est-il passé ? Peut être lui a t-on fermé la porte d’un asile pour vagabonds ?…

  Peut être l’a -t-on attaque? L’ agression s’est t-elle transformée en suicide ?  Peut être est ce un accident? Ou bien, au delà de la mort, un signe intemporel…. Paradoxale présence.

Sa poésie, porte ouverte sur la vie des rêves, annonce la poésie moderne et l’insatiable appétit de liberté des surréalistes.

 

NERVAL EN PENSEES :

- ô mort, où est ta victoire ?

- La mélancoloie  est une chose qui consiste à voir les choses comme elles sont.

- L’ignorance ne s’apprend pas.

- Que de gens que l’on croit heureux et qui sont au désespoir.

- Le dernier mot de la liberté, c’est l’égoïsme.

-  Mon pauvre oncle disait  » il faut toujours tourner sept fois sa langue dans sa langue    avant de parler .. Que devrait-on faire avant d’écrire ? .

 

UNE FEMME  EST L’AMOUR

FACE A LA MER3

 

Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;

Aux enfants  qu’elle guide, à l’homme consolé,

Elle élève le coeur et calme la  souffrance,

Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

 

Courbé  par le travail ou par la destinée,

L’homme à sa voix s’élève et son  front s’éclaircit ;

Toujours impatient dans sa course bornée,

Un  sourire le dompte et son coeur s’adoucit.

 

Dans ce siècle de fer  la gloire est incertaine :

Bien longtemps à l’attendre il faut se  résigner.

Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,

La  beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?

 

GERARD DE NERVAL

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ALBERT CAMUS

Posté par sylvie le 24 octobre 2014

 

 

Ma patrie, c’est la    langue française » . A quoi ou à qui Albert Camus pense –il lorsqu’il prononce cette phrase, lors de la remise du prix Nobel qui couronne une oeuvre commencée vingt ans plus tôt? A ses livres    ?

- A  » L’étranger » – roman qui l’a rendu célèbre en 1942? Dans un récit d’une extrême sobriété, on y suit Meursault, employé de bureau  à Alger, indifférent à la vie jusqu’à ce qu’il tue un    arabe et se retrouve en attente de son exécution, goûtant intensément ses dernières sensations.

-Au mythe de Sisyphe ? Essai publié en 1942 qui continue de développer le thème camusien …

-A sa pièce Caligula qui représente le troisième volet de ce qu’on a nommé son  » cycle de l’absurde  » ?

-A son autre roman , La Peste, qui décrit, met en scène les types de réactions humaines face à la propagation de l’épidémie à Oran mais l’on perçoit, la métaphore du nazisme?

-A son troisième roman, »La Chute » où le personnage Clamence semble se faire l’interprete des défaites de l’auteur?

« Ma patrie,c’est la langue française » Camus pense à son père, Lucien Camus, ouvrier dans un vignoble de Mondovi, mort à Saint Brieuc après avoir été blessé »   agonisant,aveugle, la tête    couverte » à la bataille de la Marne, à sa mère illettrée, sourde, à Louis Germain ,son instituteur qui lui permet de faire ses études au lycée.

Il pense à la tuberculose qui l’empêche de passer l’agrégation, au football qu’il a passionnément pratiqué, à ses débuts dans le journalisme, à son rôle au journal  » Combat », à son amitié     puis à ses passes d’armes avec Jean Paul Sartre qui n’accepte pas l’assimilation du marxisme à un totalitarisme ..

Et puis, il pense toujours à l’Algérie,  » je puis bien dire au moins qu’elle €st ma vraie patrie et qu’en n’importe quel lieu du monde je reconnais ses fils et mes frères à ce titre    d’amitié  qui me prend devant eux….

Camus et ses deux patries: la langue française et l’Algérie.

Il disparaît dans un accident de voiture le 4 janvier 1960, à Villeblevin, dans l’Yonne.

NEIGE SUR AMSTERDAM

Regardez, la neige tombe! Oh il faut que je sorte!
Amsterdam endormie dans la nuit blanche,
les canaux de jade sombre sous les petits ponts neigeux,
les rues désertes, mes pas étouffés,
ce sera la pureté, fugitive,avant la boue de demain.
Voyez  les énormes flocons  qui s’ébouriffent contre
les vitres. Ce sont les colombes,sûrement.
Elles se décident à descendre,ces chéries.
Elles couvrent les eaux et les toits d’une épaisse couche
de plume. Elles palpitent à toutes les fenêtes.
Quelle invasion!
Espérons qu’elles apportent la bonne nouvelle.

ALBERT CAMUS
La chute

 

Amsterdam 03-2005 (56)

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VICTOR HUGO

Posté par sylvie le 4 octobre 2014

VICTOR HUGO

Hugo! Quatre lettres répandues dans tout son siècle et dans le monde entier.

Voyagez un peu aujourd’hui : vous le rencontrez partout : dans les contrées les plus reculées, il est là . Ou bien son nom est peint sur un mur, affiché à une devanture, ou vivant dans la mémoire    de quelque habitant de ses histoires, lues sur les bancs de toutes les écoles! Certains vont dire que la plus juste rime à Hugo c’est parano … il est vrai que parfois, il en fait … Mais ce qui    peut l’installer pour jamais dans la sympathie de tous ceux qui parviennent à dépasser ses outrances, c’est son humanité profonde, sa générosité, sa sincérité, son courage, sa lutte incessante    pour que le peuple soit fier d’être ! Ce n’est pas pour rien que près de deux millions de personnes accompagnèrent son cercueil au Panthéon!

Le père de Victor, Le major Brutus Hugo rencontre Sophie Trébuchet , 23 ans, très cultivée, elle est gracile, sûre d’elle mais discrète, plutôt rêveuse et même secrète, ils tombent amoureux l’un    de l’autre – Ils se marient en 1797. Un premier enfant naît en 1798 : Abel – Puis un deuxième en 1800 : Eugène- Un troisième enfin ! Et quel troisième: Victor Marie , le 26 fevrier 1802 à    Besançon . Le médecin qui a pratiqué l’accouchement prévient les parents : leur petit Victor-Marie ne vivra pas vingt quatre heures … Il va vivre plus de quatre vingt ans !

Vingt quatre heures à vivre! Victor Hugo va passer chaque jour de sa vie come s’il ne lui restait que vingt quatre heures à vivre : il veut tout faire, tout dire, tout voir avant de partir. Il    faut l’imaginer ,les yeux écarquilles derrière la vitre des voitures à chevaux qui le conduisent avec sa famille en Corse en 1804, en Italie en 1807; Rome, Naples..

Victor, à Madrid passe un an au collège des nobles. Il a neuf ans et ce qu’il voit s’imprime pour toujours dans sa mémoire. Ses pièces de théâtre, beaucoup de ses poèmes, en porteront la marque.    Même les meubles qu’il sculpte, les dessins qu’il crée, et qu’on peut voir dans les demeures qu’il a occupées, semblent sortir d’une Ibérie mal remise de ses cauchemars. Retour à Paris où les    parents de Victor se séparent ..

«  Je veux être Chateaubriand ou rien » lorsque le jeune Victor, quatorze ans, écrit ce décasyllabe dans son cahier de vers, la tornade Hugo vient de se mettre en route… Elle va balayer    tout le XIXe siècle, le XXe aussi, et ce n’est pas fini … Son père Brutus, tente de l’arrêter en l’enfermant au Collège Louis le Grand. On y gave Victor de mathématiques. Peine perdue.. Certes,    Victor est attiré par les inconnues à résoudre, mais elles logent ailleurs que dans les formules algébriques.. En attendant de les énumérer bientôt dans ses carnets d’adulte conquérant, il    traduit Virgile, écrit une tragédie, à quinze ans. En 1817 son poème «  le Bonheur que procure l’étude «  obtient la cinquième place au concours de l’Académie Française. Il en est à la    fois heureux et marri ..

En 1818 Victor renonce à Polytechnique, et puisqu’il faut faire des études, il s’inscrit en droit. La plume, elle, ne cesse de tourbillonner. En février, 1819 elle rapporte de l’académie des Jeux    Floraux de Toulouse un lys d’or pour une ode sur le rétablissement de la statue d’Henri IV; Ce lys d’or , premier trophée demeurera longtemps accroché au-dessus de la cheminée dans les    différentes demeures hugoliennes. Sa mère en est très fière, mais elle est malade, très malade .. Elle meurt le 27 juin 1821. Victor est désemparé. Il quitte Paris, à pied.. Pendant trois jours    il marche sans s’arrêter … Ou va – t-il ? A Dreux chez Monsieur et Madame Foucher, les parents d’Adèle , une jeune femme dont il est tombé amoureux , Eugène le frère de Victor lui aussi lui voue    un amour fou …

Adèle et Victor se marient .. Eugène devient fou, il mourra en 1837 – Victor en ressent jun lourd chagrin mais ne cesse d’écrire, de publier «  Odes et poésies diverses » puis en 1823     «  Hans d’Islande ».

Les années Juliette : Victor Hugo va recevoir plus de vingt mille lettres aussi débordantes d’amour, toutes envoyées par celle qui lui a consacré sa vie : Juliette Drouet.. La fidélité de    Juliette est absolue pendant cinquante ans, jusqu’à sa mort! Elle va le suivre partout, elle est sa muse, son inspiratrice, son ange gardien et consolateur. Elle demeure cloitrée et cachée comme    il l’exige, recopiant les manuscrits, toujours dans l’ombre, sans jamais protester, supportant tout de Victor, même ses infidélités .

La mort de sa fille Léopoldine est une tragédie pour lui ..A travers le recueil «  Les contemplations » on peut lire l’image d’un père qui a failli mourir de chagrin, qui surmonte sa    douleur, qui se résigne ..

Victor Hugo se lance en politique à corps perdu , depuis toujours sensible à la misère, il commence un roman intitulé provisoirement «  Les misères » qui deviendra «  Les    Misérables » … Nommé pair de France, il prononce son premier discours à la Chambre le 19 mars1846 , il est élu déplu à Paris… Il fuit ensuite en Belgique à cause de Louis Napoléon..

La popularité de Victor Hugo est immense lorsqu’il rentre en France .. On reconnaît en lui le défenseur des opprimés, le proscrit qui n’a cessé de combattre le pouvoir que s’est accordé un seul    homme – Napoléon III…

Dans sa vie privée, le sort s’acharne contre lui : son fils Charles meurt subitement, à Bordeaux. En 1872 sa fille Adèle, qui a vécu un amour malheureux pour un officier anglais , devient folle .    Elle est internée à Saint Mandé ou elle mourra en 1915. En décembre 1873 il perd son second fils François Victor. , En 1877 il publie la deuxième partie de «  La légende des Siècles »,     puis l’émouvant «  Art d’être grand-père » ….

Après une congestion cérébrale qui le terrasse en 1878 Victor cesse quasiment d’écrire.. Le 11 mai 1883 celle qui l’a toujours aimé au-delà de tout , Juliette, meurt , à soixante dix sept ans..

Le 15 mai 1885 Victor Hugo prend froid.. Le lendemain il est alité avec une forte fièvre qui ne le quitte pas dans les jours qui suivent. Il meurt d’une congestion pulmonaire le vendredi 22 mai ,    à quatre vingt trois ans. Le gouvernement décide de lui faire des obsèques nationales. Son corps est exposé sur un immense catafalque installé sous l’Arc de Triomphe. Plus de deux millions de    personnes suivent ses obsèques, le 1 er juin. Il est conduit tout droit au Panthéon, dans le corbillard qu’il avait choisi : celui des pauvres..

Hugo vous parle :

«  la nuit, on pense mieux, la tête est moins pleine de bruits » (Ruy Blas.)

«  La haine, c’est l’hiver du cœur «  ( les Contemplations)

«  je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux ( Carnets)

«  Les mots sont les passants mystérieux de l’âme » ( Les Châtiments)

« la musique, c’est du bruit qui pense ( Fragments)

«  Ainsi, la paresse est mère, elle a un fils, le vol

VICTOR HUGO

  • Demain, dès l’aube…

    Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, Je partirai.

  • Vois-tu, je sais que tu m’attends
  • . J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
  • Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées
  • , Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
  • Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
  • Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
    Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
  • Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
  • Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
  • Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur

         CAMPAGNE

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SOUS LE PONT MIRABEAU COULE LA SEINE ….

Posté par sylvie le 30 septembre 2014

 

Sous le pont Mirabeau… Pourquoi la musique des mots d’Apollinaire demeure-t-elle si longtemps après ses vers ? C’est un mystère    .Et les mystères aiment le demeurer .

 

EN PRISON :

 

Mille métiers, Guillaume Apollinaire…. né le 26 août 1880 d’une mère polono-italienne et d’un père officier italien qui ne le    reconnaît pas, journaliste, directeur de revue, critique d’art, auteur de romans lestes. Sa première prose poétique  » l’enchanteur pourrissant » date de 1909. En 1911 à la suite d’un vol commis au    Louvre,il est emprisonné à la Santé! quelques jours plus tard il est reconnu innocent.

 

DELICIEUX TANGAGE :

 

Ebranlé par cette affaire,il trouve refuge dans sa propre poésie, celle qu’il écrit depuis 1898 . Il en fait un recueil qui est    publié sous le titre  » Alcools » Lors de la correction des épreuves, hésitant sur la ponctuation, il décide de la supprimer complètement! l’absence de cloisons dans les phrases provoque à chaque    instant, un délicieux tangage du sens, une sorte de pure poésie, un nouveau langage au-delà des mots. 1914: Apollinaire s’engage. Il est atteint en 1916  par un éclat d’obus et doit être    trépané. Revenu à Paris il y meurt le 9 novembre 1918 a 38 ans de la grippe espagnole.

 

DES FEMMES :

 

Il y eut, à Stavelot où il séjourne pendant l’été 1899 Marie- Marie Dubois.

Il y eut à son retour à Paris , Linda la Zézayante.

Il y’eut en 1902 la gouvernante anglaise des filles de la vicomtesse de Milhau,

En Allemagne où il est devenu précepteur : Annie Playden. Mais Annie s’effraie de l’amour furieux que lui porte Guillaume: elle    préfère prendre ses distances . C’est pour elle qu’il écrit, en 1903 l’un de ses plus beaux poèmes d’amour de la langue française, le plus court.

Il y’eut Marie Laurencin rencontrée grace à l’ami Picasso , Guillaume aime trop Marie, il la veut pour lui et que personne ne    l’approche, ne la regarde . Jaloux Guillaume … Elle risque de le quitter … Voilà c’est fait en 1912…Ainsi est né  » Le pont Mirabeau ».

 

LOU,MADELEINE,JACQUELINE

 

1913 : conférence sur le cubisme, vacance du coeur. 1914 , voici Louise de Coligny – amour-passion – pour elle, il écrit le fameux    poème acrostiche  » Lou » Mais Ou soudain a peur du loup Guillaume, de son amour volcanique, imprévisible,possessif. Elle le quitte . C’est la guerre, Guillaume s’est engagé. Dans les tranchées, il    ne cesse d’écrire , des poèmes, des nouvelles rassemblées dans le recueil  » le poète assassiné » publié en 1916. L’année précédente il a rencontré dans un train Madeleine Pages qu’il demande en    mariage tout en continuant de penser à Lou. Après sa trépanation, il rompt avec Madeleine . Le 2 mai il épouse Jacqueline Kolb. Le 11 novembre c’est l’armistice! Tout Paris chante et danse,    pendant que discrètement, on porte en terre Apollinaire.

 

LE PONT MIRABEAU

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure.

 

GUILLAUME APOLLINAIRE

File:Pont Mirabeau Paris FRA 002.JPG

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JEAN PAUL SARTRE

Posté par sylvie le 7 août 2014

JEAN PAUL SARTRE.

 

Né à Paris en 1905, Sartre, orphelin de père à un an, passa son enfance entre une mère catholique et un grand père protestant auprès de qui celle ci,très jeune,était retournée avec son fils,,après la mort de son mari. Sartre, enfant, considère cette très jeune femme,resoumise à  ses parents,plus comme une grande  soeur que comme une mère , et apprend auprès du vieillard majestueux à la belle longue barbe blanche ,qui aime jouer la comédie et les grands kpères nobles.  De cette enfance solitaire et truquée, au milieu d’adultes qui l’adulent, le sauve une boulimie de lecture, puis d’écriture.

  A onze ans,il devient athée, l’année même où sa mère se remarie. Reçu à l’Ecole Normale Supérieure il est agrégé de philosophie à 24 ans, il sera professeur de philosophie au Havre, puis au Lycée Pasteur. En 1933 il est kpensionnaire de l’Institut Français à Berlin et découvre la phénoménologie.

Au moment de la guerre, il est mobilisé. Fait prisonnier, il se fait passer pour civil et est libéré , et reprend son poste de professeur. En 1944, il quitte l’enseignement pour devenir directeur de la revue  » Les Temps Modernes »et se consacrera dès lors entièrement à ses activités philosophiques, littéraires, journalistiques qu’il entrecoupera de nombreux voyages ( USA-RUSSIE-AFRIQUE-SCANDINAVIE).

 

Il meurt en 1980 au faîte de sa célébrité, ayant pourtant, fidèle son éthique personnelle, refusé certains  » honneurs » dont le prix Nobel. 

 

Impossible de citer toute l’oeuvre polyphonique de ce bourreau de l’écriture . Il faut neanmoins noter les titres de ses trois ouvrages proprement philosophiques qui se détachent :

 

L’Etre et le Néant

Critique de la raison dialectique 

L’existentialisme est un humanisme 

 

SES CITATIONS :

 

Il n’y a pas de nature humaine puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir.

 

Il ne peut avoir de vérité autre , au point de départ, que celle ci : je pense donc je suis, c’est la vérité absolue de la conscience saignant elle même

-

superbe cascadeed

 

 

 

 

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LA DANSEUSE

Posté par sylvie le 21 mars 2014

Elle semble d’abord de ses pas plein d’esprit, effacer de la terre toute fatigue et toute sottise

.Et voici qu’elle se fait une demeure un peu au dessus des choses, et l’on dirait qu’elle s’arrange un nid dans ses bras blancs. 

Mais à présent, ne croirait-on pas qu’elle se tisse de ses pieds un tapis indéfinissable de sensations? Elle croise, elle décroise, elle trame la terre avec la durée. Ô le charmant ouvrage, le travail très précieux de ses orteils intelligents qui attaquent, qui esquivent, qui nouent et qui dénouent, qui se pourchassent, qui  s’envolent !  Qu’ils sont habiles, qu’ils sont vis, ces purs ouvriers des délices du temps perdu!!! ces deux pieds babillent entre eux, et se querellent comme des colombes! le meme point du sol les fait se disputer comme pour un grain..  Ils s’emportent ensemble et se choquent dans l’aire, encore ………..  

Paul Valery  » L »âme et la danse »

 

 

ballerine

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